lundi 31 décembre 2007

Bilan Poétique !

Premier billet sur Solutions Alternatives (Parce que j'y crois) !
Je remercie Xia de me donner la parole, et j'en profite pour vous livrer ce texte poétique que j'ai écris a propos de 2007 . En vous éspérant bien sure une "bonnannée" 2008 Puisque c'est demandé pour etre politquement Correct !
RaDe, un Etudiant Politkmen Inkorrect !


Poètes des temps modernes, Je relate le monde, sans le cerner. 2007, à travers le miroir, je vois un reflet terne. Et je relate :
UM-P-S se voit défier par une petite orange, l'UDF
Qui verra la réalité de sortir des rangs de la genèse.
On se bat pour ses idéaux, on cherche à monter tout la haut
Clamer pouvoir présider, C'est avoir un bien grand ego
Cinq Mois consacrés à sacrer le roi de France
En Birmanie, les drames s'en suivent dans des parenthèses de silence.
On se glace devant nos postes, les images nous braquent en direct
Un enfant crie à l'aide, l'homme armé ne parle pas ce dialecte
Et dire, que les droits de l'homme sont appliqués Serait mentir
Un génocide ne finit pas, tout comme la liste des martyrs
Guy Moquet a pris nos classes de cours en otages
La résistance du président, aurait-elle un peu de décalage ?
Facebook fais des ravages, quand Justice tente de s'établir
Dans le paysage ou les Daft Punk, sont venus réinvestir
Alive, Comme pour montrer qu'il faut toujours compter sur eux.
Moi j'ai pris 2007, comme une mauvaise vague dans les yeux

Je regarde derrière moi, ironiquement, je vois les 6 premiers mois vide !
Comme si Le petit Nicolas a effacé le passé.

Et puis.
Le Liban saigne, un peuple de martyrs pleure
Ça tire dans tout les sens, le sang montre sa couleur
C'est la déroute à Beyrouth, on ne sait pas ce qui se passe
L'armée a coincé la Palestine dans un Sas
Pris dans des combats de sang, sans terre, errant
L'enfant contestataire a refusé d'entrer dans le rang
Poutine Homme de l'année, encourager la corruption
La presse va mal et tout est bon pour augmenter les parutions
Et a l'heure où le journaliste se mord les doigts devant son chèque
L'information devient passion, pour une jeunesse en plein echec
Castaldi nous a balancé des anonymes, devenus Star
Histoire de faire du chiffre et des célébrités d'un soir.
Puis y'a le sport a la télé, le rugby devient international
En France, Chabal en fais les frais le temps d'un mondial
C'est L'hiver et dans les rues Don quichotte s'est implanté
Les tentes ne résistent pas, le froid persiste a tué
C'est la jungle. Là bas elle a froid et faim
Depuis 6 ans, le même refrain, la même journée sans fin

2007, le bilan est triste, certes on peut trouver quelques étoiles qui brillent
Mais le chemin vers la solution n'est pas encore trouvé, mais on y croit !
2008, Je vous souhaite une bonne année, mais surtout plein de Solutions Alternatives...
Pour ceux qui ne me connaissent pas, voila mon blog !

No comment: Victime de la culture du chiffre

Article estampillé Libération de MOURAD GUICHARD from Orléans

Abou Ndianor, prof de mathématiques employé depuis 2001 par 2amath, une société de soutien scolaire, vivait à Orléans (Loiret) jusqu’à son arrestation, le 14 décembre. Son tor t: avoir répondu à une convocation du commissariat d’Orléans pour un "réexamen de sa situation". Sur place, il comprend vite qu’il est tombé dans un piège. "J’ai été naïf, concède-t-il. A peine entendu, il m’ont conduit vers le centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de Roissy. Là, j’ai constaté que nous étions plus d’une centaine dans la même situation. Des sans-papiers arrêtés pour le seul délit de faciès."

Comprenant qu’il s’agissait de "faire du chiffre" à quelques jours de la fin de l’année, Abou décide d’organiser ses camarades. Ils rédigent des doléances qu’ils remettent à la direction. En vain. "Nous avons alors entamé à compter du jeudi 27 décembre une grève de la faim illimitée." Le soir même, Abou est transféré à Vincennes (Val-de-Marne). Une punition pour celui que les autorités considèrent comme le meneur.

Le lendemain, Abou passe devant le juge des libertés de Paris qui le libère pour vice de procédure. Aujourd’hui, Sarah Acelor, la gérante de 2amath, n’attend que sa régularisation pour le réembaucher. "Il doit suivre une formation pour accéder à un poste d’encadrement, précise-t-elle. Ici, parents, élèves et enseignants n’ont qu’une hâte : le voir revenir."

dimanche 30 décembre 2007

No Comment : Salons de Narguilé: prohibition à la française

Article emprunté - sans autorisation aucune - à Julia Pascual (Etudiante CFJ) sur Rue89

C'est le bout de la route pour les bars à chicha français: le 1er janvier, le décret d’interdiction de fumer dans les lieux publics entre en vigueur pour les cafés. Et rien n’a été prévu pour les 800 établissements où l’on consomme la pipe orientale. De fait, ils entreront dans l’illégalité. Une situation qui fait peser le spectre de la faillite et du chômage sur beaucoup de gérants et les 3000 personnes qu’ils emploient en France. Ils ont depuis février 2007 leur UPN (Union des Professionnels du Narguilé). Helou Badri, son président, déplore:
"Au 1er janvier, on devient hors la loi. On s’étouffe petit à petit. 80% de notre chiffre d’affaire provient du narguilé. Et ce sont ces 80% qui génèrent les 20% restants. On ne pourra pas se reconvertir. Ce n’est pas en vendant du thé à la menthe ou des pâtisseries qu’on survivra."

Alors que les attentions sont focalisées sur les bars tabac, les boîtes de nuit et les restaurants, les bars à chicha attendent désespérément un signe du gouvernement en leur faveur:
"Le ministère de la Santé et le ministère des Finances nous baladent de rendez-vous en rendez-vous mais ils ne veulent pas toucher au décret. On se fout de notre gueule. Il faut mettre en place un système d’indemnisation comme pour les buralistes frontaliers ou une véritable dérogation."

L’Etat fait jusque là la sourde oreille. Les 270 adhérents de l’UPN prévoient de forcer le cours des choses:
"Nous sommes décidés à maintenir l’ouverture des salons à narguilés. Il va y avoir tout un bordel médiatique. On contestera en masse les procès verbaux auprès des tribunaux."

Déçus des promesses de Nicolas Sarkozy
Lors d’une convention de l’UMP sur la santé, en juin 2006, Nicolas Sarkozy laissait entendre: "On pourrait imaginer des dérogations pour des établissement très spécifiques (…) ceux qui vendent du tabac." Aujourd’hui, le sentiment qui prévaut à l’UPN, c’est l’amertume:
"On a un million de clients en France, on leur a dit votez UMP. Il faut que Sarkozy sorte de son mutisme, il a pris des engagements pendant la campagne."
"On est des citoyens de seconde zone. C’est de la pure discrimination. La plupart des bars à chicha sont tenus par des arabes. Après le 1er janvier, on pourra toujours fumer dans les beaux quartiers ou dans les bars à cigares sur les Champs… Mais il y aura des descentes et des amendes en banlieue. On se trompe de cible. En France, le fléau c’est l’alcool, la chicha c’est du divertissement, de la convivialité, c’est de la culture arabe."

Dans le 5e arrondissement de Paris, Mohammed Abdeltawab est propriétaire de l’Isis Café depuis 5 ans et demi. "A l’époque, j’ai investi 200 000 euros. Le narguilé, c’est 100% de ma clientèle." A quelques jours du passage en 2008, il prévoit de changer d’activité: "Je ne vais pas forcer la loi. Je n’ai pas la licence pour vendre de l’alcool. Je réfléchis, je vais sûrement ouvrir une sandwicherie ou un fast-food." Mohamed s’estime heureux, compte tenu du quartier où il est installé, il pourra facilement se reconvertir: "A Châtelet, il y a toujours du monde. Mais j’ai des collègues qui vont devoir fermer." Frédéric Marcillac est client de l’Isis Café depuis le début, il voit dans le décret une entreprise liberticide: "Jusqu’où va-t-on aller ? C’est de la prohibition. En Arabie Saoudite, vous buvez caché. Ici, ça va devenir pareil. C’est dramatique."

samedi 29 décembre 2007

Derniers jours pour vous inscrire sur les listes électorales

C'est comme les soldes, vous n'avez plus que quelques jours pour vous inscrire sur les listes électorales. La date limite de fermeture est fixée au 31 décembre.

Il y a effectivement une inscription d'office. Cette année, les personnes atteignant l'âge de 18 ans entre le 1er mars 2007 et le 28 février 2008 sont inscrites d'office. Aucune demande individuelle sur les listes électorales de la commune de leur domicile réel n'est nécessaire. Attention, toute personne inscrite d'office ne reçoit pas systématiquement de notification de son inscription. Pour être sûr de son inscription, il est préférable de se renseigner auprès de sa mairie.

Si vous souhaitez être inscrit dans une autre commune que celle indiquée par l'INSEE pour l'inscription d'office (à noter, le domicile des parents est réputé être le vôtre pour cette inscription), vous devez accomplir les formalités d'inscription volontaire.

La procédure est très simple. Il suffit de vous adresser :
- soit à la mairie de la commune de votre domicile ou de celle où vous résider de manière effective et continue depuis au moins 6 mois,
- soit à la mairie d'une commune où vous êtes inscrit au rôle d'une contribution directe communale (impôts locaux) depuis au moins 5 ans,
- soit à la mairie de la commune où vous êtes assujettie à résidence en tant que fonctionnaire public.

Avant d'aller à votre mairie, pensez à vous munir :
- du formulaire d'inscription sur les listes électorales des citoyens français (disponible en mairie ou sur le site service-public.fr - Lien vers le formulaire au format PDF),
- d'une photocopie de la pièce d'identité (passeport, carte nationale d'identité) en cours de validité (et présenter l'original de la pièce d'identité),
- selon le cas, un justificatif de domicile ou de résidence dans la commune ou un justificatif d'inscription au rôle des impôts locaux depuis plus de 5 ans, si la personne souhaitant s'inscrire habite chez ses parents, une attestation des parents établie sur papier libre, certifiant qu'il habite chez eux, et un justificatif de domicile des parents.

Bien entendu, si vous venez d'acquérir la nationalité française et n'êtes pas encore en possession d'une carte nationale d'identité ou d'un passeport français, vous pouvez présenter à la place un certificat de nationalité ou le décret de naturalisation.
Si vous êtes dans l'impossibilité de vous déplacer, vous pouvez remettre une procuration établie sur papier libre à une autre personne. Vous pouvez également demander votre inscription par correspondance en envoyant le formulaire d'inscription et les pièces indiquées.

A noter : les citoyens de l'Union européenne résidant en France peuvent s'inscrire sur les listes électorales pour participer à l'élection des conseillers municipaux et des représentants au Parlement européen dans les mêmes conditions que les électeurs français.

Pour plus d'information et les autres cas, je vous invite à vous rendre sur le site du service public.

S'informer, c'est lutter. Lutter, c'est créer. Et voter, c'est s'exprimer... pour lutter.

C'est bon, vous êtes déjà inscrits sur un liste qui vous permettra d'aller voter l'année prochaine ? (parce que le nombre de personnes qui sont inscrites et qui ne vont pas voter parce que le bureau de vote se trouve trop loin...)

No Comment : Qu'est-ce qui fait danser Fanny ?

Article lâchement soutiré - mais sans aucune violence - à Libération. Ecrit par Pauline BONDUELLE - Reporters d’espoirs www.chandanse-sourds.org - samedi 29 décembre 2007

En plein cœur de Paris, dans le Marais, ChanDanse propose des cours de hip-hop, djembé, batterie, salsa, danse orientale et théâtre. Le volume sonore est maximal et le son des percussions envahit allègrement le hall de l’école. Les élèves qui s’affairent n’en semblent pas gênés. Ils vont et viennent, casque d’i-Pod sur les oreilles pour certains, rires et bruit des cavalcades sur le carrelage pour les autres, dans une absence de paroles aussi frappante que la musique. Première école de danse et de musique en France animée par des sourds et pour les sourds, ChanDanse a été créée en 2000 par Fanny Corderoy du Tiers, tonique quinquagénaire née en Asie. «Fascinée par l’image et par la beauté des corps en mouvement», Fanny, sourde de naissance, danse depuis sa petite enfance à Taïwan. «J’ai commencé les cours de danse vers 6 ans. J’imitais les gestes des entendants

Sons différents.
Après un séjour en Indonésie, Fanny, qui s’est installée à Paris avec son mari français, crée ChanDanse : «J’ai appris la danse indonésienne. Les musiciens utilisent beaucoup de percussions, les sons sont très différents de ce que j’avais pu entendre. Même les entendants qui écoutent cette musique-là n’arrivent pas toujours à en percevoir toutes les dimensions

Car chez les sourds, le corps entier «entend» les vibrations de la musique. «Danser en silence n’a pas de sens», indique Fanny Corderoy du Tiers sur le site Sourds.net. Et c’est en s’appuyant sur la mémoire, les règles de base de la rythmique, la perception des vibrations corporelles et l’écoute visuelle qu’ils peuvent pratiquer la musique et la danse. Contrairement aux idées reçues, la musique n’est pas seulement un art auditif. En 1880, le congrès de Milan «pour l’amélioration du sort des sourds et muets» marque le début de plus d’un siècle de «rééducation oraliste» et d’interdiction de la langue des signes. Aussi, en réaction, certains sourds se méfient de la musique, perçue comme un attribut de la culture «entendante».

Comédienne.
Dans les années 80, donner les moyens aux sourds de s’ouvrir à l’art et à la culture devient une nécessité pressante. Et la popularité de la comédienne Emmanuelle Laborit, révélée par les Enfants du silence et qui a fait de son handicap un atout, aura notamment été une des manifestations de ce «réveil sourd».

vendredi 28 décembre 2007

Des solutions alternatives pour fumer dans un bar

Le 1er janvier, l’interdiction de fumer entre en vigueur dans les 280.000 cafés, brasseries, restaurants, discothèques et hôtels de France. Il est désormais interdit de fumer DANS (dedans, à l'intérieur) de ces commerces alors que cela reste permis dehors. "La ministre de la Santé, assaillie par les buralistes, a dû céder : une terrasse sera considérée comme ouverte pourvu qu’une de ses faces le soit. La question est de savoir si une porte sur une façade de 10 mètres constitue une ouverture", raconte Gérard Audureau, président de l’association Droit des non-fumeurs (DNF).

Selon le guide de la Direction générale de la santé - "Sortons du brouillard" - envoyé début décembre aux patrons et employés des établissement, "l’interdiction de fumer ne s’applique pas à ces terrasses à partir du moment ou elles ne sont pas fermées, par exemple si la façade est complètement ouverte. Il en est de même lorsque les côtés sont fermés mais que la terrasse n’est pas couverte."

Les gérants ne manquent pas d'idées pour contourner la loi : façades escamotées, trottoirs bâchés, portes coulissantes... Cela pourra tromper le consommateur, mais pas les officiers de police judiciaire, les médecins du travail, les inspecteurs de l’action sanitaire et sociale ou ceux de la salubrité de la ville chargés des contrôles. Il faudra cependant rester prudent car les amendes - de 135 à 750 € pour le chef d’entreprise et de 68 à 450 € pour le fumeur en infraction - risquent de pleuvoir.

Mon avis sur la question : Heureux et pas vraiment.
Heureux parce que je vais arrêter de sentir la clope lorsque je vais partir de chez Roger, le bistrot où je fais office de pilier de comptoir. Que je vais arrêter de me pourrir la santé en inhalant la fumée de mes amis. Bande d'enfoirés ! Vous me tuez à petit feu, et je vous laisse faire...
Malheureux parce que l'on nous retire encore une liberté individuelle. Pourquoi ne pas pousser les commerces à mieux agencer leurs salles en vrai coin fumeur et non-fumeur. Certains bars y étaient très bien arrivés. D'autres, c'était plutôt pour la forme... Un vrai foutage de gueule.
En conclusion, je suis plutôt contre cette loi. Vous me direz : Et Steven, mon fils de 5 ans, quand c'est kon va dans un café, i vô continuer à respirer la fumée des autres ? A cela je réponds : Steven n'a rien à faire dans un café à 5 ans. Et si vous pouviez ne pas lui commander un panaché...
Dernier point : Pourquoi le fumeur se prendrait une amende ? En règle général - de ce que j'ai pu voir - le fumeur demande au commerçant avant de fumer. Si le commerçant le laisse fumer, est-ce la faute du fumeur ?

Vous en pensez quoi de tout cela ? D'ailleurs, vous fumez ?

jeudi 27 décembre 2007

No Comment : Dans le frigo des pauvres

Article volé au site Libération du 27 décembre 2007.

Manger avec une centaine d’euros par mois et par personne relève du combat quotidien. Une socio-anthropologue a étudié les comportements alimentaires des Français vivant sous le seuil de pauvreté.
DIDIER ARNAUD

Qu’est-ce qu’on met dans son frigo quand on vit avec 3 euros par jour ? C’est à cette question qu’a répondu la socio-anthropologue Christine César dans une étude réalisée en 2003-2004 pour l’Institut de veille sanitaire (INVS). L’enquête sur les «Comportements alimentaires et situations de pauvreté» est un travail fouillé, un peu fouillis. Comme les paroles recueillies par la chercheuse. Les personnes en situation de grande pauvreté ont du mal à partager leurs difficultés avec un tiers, qui restera toujours étranger à leur misère. Ils cherchent à l’éluder.

En France, le budget alimentaire pour les personnes en dessous du seuil de pauvreté est inférieur à 114 euros par mois. Soit entre 3 et 6 euros, et parfois moins de 3 euros, par jour. Près de 68 % d’entre eux sont dépendants de l’aide alimentaire. Ils s’approvisionnent aussi sur les marchés (20 %) pour les fruits et légumes.

Christine César a rencontré une dizaine de ces familles : sans-papiers, RMistes, en Ile-de-France et en milieu rural (Dordogne et Haute-Vienne). Elle décrit leur débrouillardise. Comment ils stockent, conservent, gardent. De quelle manière ils rusent. Mme E. dit que les «choses toutes faites», comme les plats préparés, reviennent très cher. «Le premier réflexe, quand on n’a pas de sous, c’est de réduire les fruits et légumes. C’est un mauvais réflexe, alors il faut ruser, connaître les lieux où c’est moins cher. S’organiser, c’est une gymnastique

En prenant rendez-vous avec ses interlocuteurs, Christine César ne disait jamais qu’elle allait inspecter les réfrigérateurs. Voir, d’abord. Puis photographier ce qu’il y a dedans. Sur ses clichés, on voit souvent des stocks de pots identiques (yaourts, pâte à tartiner, bouteilles de lait), de vieux restes dans une assiette. Mais rarement des produits périmés. Certains désignent le frigo comme le «vieux compagnon de route». La crainte la plus courante est qu’il «puisse lâcher». Ce qui est l’annonce d’une possible détérioration générale. Parfois on le recycle. «Il peut servir de pharmacie, d’armoire, d’étagère, de pense-bête, de support de photos, de cadre pour la photocopie d’un régime», note le rapport. Plus d’un quart des personnes de l’étude n’ont pas acheté leur appareil. Ils l’ont récupéré. Parfois, même, ils font frigo commun, quand les habitants sont par exemple en foyer. Mais ils n’apprécient guère ce partage, tant il peut y avoir de vols. Le frigo fait l’objet d’une «réappropriation qui n’existe pas aussi fortement pour les autres appareils domestiques», écrit la sociologue.

L’aide alimentaire mal acceptée
Le rapport note qu’accepter les dons de l’aide alimentaire ne va pas de soi. Cela met les gens dans une position d’assistés qui leur fait honte. En outre, il arrive que les denrées ne soient pas en bon état. «Un don alimentaire dégradé dégrade celui qui l’accepte», souligne Christine César. Les gens préfèrent parfois se débrouiller eux-mêmes. Cela les valorise. Une femme raconte : «Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que le pain tous les jours me coûtait cher. Comme il y avait un foyer de handicapés dans mon immeuble, j’ai fait une demande officielle pour avoir le pain rassis de la veille. J’en mets un peu dans mon congélateur, mais un petit peu seulement car je n’ai plus de place.» Pour cette autre famille, le «don» alimentaire est plus disqualifiant que de faire les «poubelles» de la boulangerie.

«un repas de prisonniers»
Pour les sans-papiers, se nourrir n’est pas toujours la priorité. La famille A. ne dispose pas de titre de séjour. Le père se décrit comme un homme privé de liberté, sans cesse traqué. Même à table, «c’est comme le repas des prisonniers. On n’a pas de liberté pour manger». Ils ont un fils de 7 ans. Le médecin a dit qu’il «ne mange pas bien». Pas assez, en fait. Il manque de viande, de fruits et légumes. «Le médecin dit "il faut", mais nous on n’a rien», dit la mère.

La stratégie du stock
L’étude montre comment se développent les stratégies de stockage : «Chez les personnes qui disposent d’un minimum de place, on trouve du riz, des oignons, des pommes de terre, tous achetés par sacs de 10 kilos.» A l’Epicerie sociale, ce couple raconte qu’il «fait des réserves de trucs» qu’il ne prendrait pas ailleurs. «Les yaourts, on en avait pris 16 et on les a mangés en trois jours à nous deux. Avec ça, on se fait de l’éclate.» Plus loin, la dame précise : «Et puis il doit y avoir un truc psychologique. Le fait d’avoir un frigo plein, je ne sais pas, on se sent mieux. On s’amuse plus. Disons que ça résout la frustration d’être pauvre.» Une autre dame explique que sa mère avait «deux congels» dans son pavillon, et que «dans toutes les maisons, les gens font comme ça, il faut faire du stock».

Riz cassé et pâtes au sucre
Les menus sont souvent répétitifs. Le quotidien ne s’embarrasse pas de délicatesse culinaire. «Les populations étudiées cherchent d’abord à éviter le sentiment de faim, se dirigent logiquement vers les aliments les plus économiques», comme le riz et les pâtes, note le rapport. «Le riz, on prend du cassé. Les 22 kilos, c’est 15 euros, et dernièrement on en a trouvé à 12,5. Ça nous fait le mois. Je malaxe la fécule de pommes de terre avec de l’eau et ça fait du foutou [aliment de base en Afrique centrale, fait de manioc et de banane plantain, ndlr], on en mange tous les deux jours», dit Mme B. «Hier midi, vous avez mangé quoi?» demande la sociologue. «C’était des pâtes et on les mange avec le pain.» Plus loin, Mme B. explique : pour le riz, «même si tu n’as pas de condiments pour la sauce, tu mets du sucre et ça passe. Souvent, on prend ça matin, midi et soir, quand il n’y a pas autre chose, surtout l’été».

le POISSON, ce luxe
Le poisson est rare. «J’achète un peu de poisson, ce n’est pas donné», dit cette autre dame, qui souligne que la roussette est devenue chère. «Avant c’était accessible. La joue de lotte, c’était 11 francs le kilo, et maintenant c’est 28 euros. On n’y pense même plus. C’est du luxe. Pareil pour les moules, j’adore ça mais c’est plus possible.» La viande, elle va l’acheter en banlieue et en congèle la moitié. «Le reste, je grille ou je fais de la soupe, de la sauce que je mets petit à petit.» Elle ajoute : «Le poulet, c’est 10 euros les 10 kilos. Les bananes, c’est pour l’enfant quand il n’y a pas de pommes.» Une autre preuve d’imagination. «Que faites-vous des steaks ?» demande la sociologue. «Je mélange le steak haché avec du poisson surgelé frais, un peu de farine, du sel, et je fais frire en boulettes

Les fins de marché, la «pochette-surprise»
L’enquête fait une part belle au glanage. Comme il n’est pas question de faire son marché comme tout le monde, c’est quand les commerçants remballent que tout se passe. Mme C. fait les fins de marché. «C’est incroyable tout ce que je trouve en fouillant. C’est devenu comme les enfants à Pâques et la pochette-surprise.» Cette activité constitue «un vrai boulot. C’est honteux de voir ce qu’ils laissent». Elle passe «des nuits à faire des compotes», des conserves de légumes. Mme C. dit aussi : «Les envies, ça passe, et les besoins, on a toujours pu faire face.» Pour Mme C., tout se passe comme si elle s’était installée «dans une économie de guerre, prête à affronter un siège», note la sociologue. Qui confie : «En situation de pauvreté, l’abondance est possible

Le rebord de la fenêtre
Des frigos, il n’y en a pas toujours. Seuls 62 % de ceux qui résident à l’hôtel en disposent, contre 99 % de ceux qui vivent en appartement. Le recours le plus commun est donc le rebord de la fenêtre. Dans ces conditions, «la conservation des surgelés est impossible», note le rapport. Pourquoi écrire cette évidence ? Parce que, le plus souvent, les familles évitent de signaler aux services sociaux qu’elles ne possèdent pas de frigo. Ainsi elles profitent quand même du surgelé, qu’elles cuisinent tout de suite, parfois pour distribuer les plats à leur entourage. Comment fait-on quand il fait chaud ? La fenêtre de Mme A. est plein sud. Pour les fromages, elle a le choix : «Laisser sentir à l’intérieur ou laisser dégouliner à l’extérieur».